L’hormonothérapie : mieux comprendre la ménopause et son traitement

Pour mieux comprendre la ménopause, il faut parler du fonctionnement du système reproducteur féminin.

Qu’est-ce que la ménopause ?

Chez la femme en âge de procréer, les ovaires produisent un ovule à tous les mois. L’ovulation qui survient environ deux semaines après le premier jour des règles est possible grâce à une production suffisante des hormones d’œstrogène et de progestérone.

Les ovaires sont les glandes responsables de la production de ces hormones. Avec le vieillissement, celles-ci produisent de moins en moins d’œstrogène et de progestérone. On remarque alors une irrégularité des règles due à cette variabilité du niveau de production d’hormones. Cette phase que l’on appelle la péri-ménopause est très différente d’une femme à l’autre. La durée peut varier entre 4 et 10 ans. La quantité d’hormones produites fluctue beaucoup durant ce temps et certaines femmes expérimenteront plusieurs symptômes s’apparentant à ceux de la ménopause.

Nous pouvons déterminer qu’il y a ménopause lorsqu’il y a aménorrhée (absence de règles) depuis au moins un an. La ménopause désigne donc l’arrêt des menstruations et la fin de la période de fertilité chez la femme.

Quel sont les symptômes de la péri-ménopause et de la ménopause?

La péri-ménopause affectera chaque femme différemment : pour certaines, elle passera inaperçu, pour d’autres, les symptômes seront très sévères.

Le premier signe de l’arrivé de la péri-ménopause est l’irrégularité des menstruations. Les règles peuvent être plus longues, plus courtes, plus abondantes ou même absentes pendant plusieurs semaines.
Plusieurs expérimenteront ces symptômes jusqu’à la ménopause.

Les bouffées de chaleur

Les bouffées de chaleurs sont très fréquentes et une grande majorité des femmes les expérimenteront. Elles débutent parfois même avant la ménopause, dans la phase péri-ménopausique. Elles peuvent durer plus de 10 ans, mais elles ont tendance à s’atténuer avec le temps et se font plus rares. Peu d’études ou de données probantes expliquent la cause des bouffées de chaleur, mais il s’agirait possiblement d’un dérèglement au niveau de l’hypothalamus (qui agit comme thermostat du corps). Étant un régulateur thermique, l’hypothalamus ferait augmenter la température corporelle.
En médecine, on parle de symptômes vasomoteurs, c’est-à-dire qu’une dilatation des vaisseaux sanguins se produit au niveau de la peau (vasodilatation). Celle-ci résulte d’un flux sanguin augmenté, ce qui explique les rougeurs et la sensation de chaleur au niveau du cou et de la tête.
Les bouffées, se produiront de jour comme de nuit et peuvent durer plusieurs minutes. Elles seront souvent suivies de frissons et de sueurs (souvent la nuit).

Symptômes affectants les systèmes reproducteur et urinaire

La baisse de production d’œstrogène peut aussi être responsable d’inconforts au niveau vaginal. Les muqueuses du vagin s’amincissent et on observe souvent une sécheresse vaginale (accompagnées de démangeaisons et d’irritations), des douleurs lors des relations sexuelles et parfois une prédisposition aux infections vaginales.

Au niveau urinaire, le manque d’œstrogène peut occasionner des problèmes tels que des infections urinaires, des urgences à uriner ou des difficultés à uriner.

Symptômes affectants le système cardiovasculaire

Avec la ménopause, on remarque l’augmentation des taux de « mauvais cholestérol » (Cholestérol LDL) dans le sang et le « bon cholestérol » (Cholestérol HDL) quant à lui reste au même niveau. Cette augmentation des LDL après la ménopause pourrait expliquer en partie l’apparition plus fréquente des maladies cardio-vasculaires chez ces femmes. Par contre, aucune donnée ne nous démontre que la ménopause est la principale responsable, il pourrait tout simplement s’agir du vieillissement. Néanmoins, nous savons que le taux élevé d’œstrogène dans le sang a un effet protecteur au niveau cardiaque.

Effets sur le système musculosquelettique

Il est démontré chez la femme ménopausée, qu’il y a une perte osseuse plus rapide dans les cinq premières années suivant la ménopause. Les risques d’ostéoporose (fragilité des os) et de fractures sont alors plus grands chez la femme ménopausée.

Les autres symptômes

L’irrégularité des règles et les bouffées de chaleur sont parmi les symptômes les plus connus du public. Or, plusieurs symptômes peuvent accompagner la péri-ménopause et la ménopause.
En voici quelques-uns :

  • Trouble du sommeil (insomnie)
  • Irritabilité
  • Symptômes dépressifs
  • Anxiété/Angoisse
  • Problèmes de concentration
  • Fatigue

Tous ces symptômes ne sont pas entièrement attribuables à la ménopause : ils peuvent aussi être secondaires à d’autres facteurs environnants ou à d’autres problèmes de santé. Par exemple, si la qualité du sommeil est affectée par les bouffées de chaleur, la fatigue devient alors inévitable. Cette dernière peut aussi contribuer à l’irritabilité ou à la diminution de la concentration. L’anxiété peut également être exacerbée par plusieurs autres facteurs présents dans l’environnement de la femme.

Le diagnostic

Le diagnostic de la ménopause repose sur un seul critère : l’aménorrhée (absence de menstruation) pour une durée de 12 mois. Aucune prise de sang ne peut confirmer la ménopause. Le dosage des hormones dans le sang n’est pas toujours indicatif de ménopause. Il peut être utilisé pour le suivi du traitement et parfois pour aider à diagnostiquer celle-ci selon le jugement du clinicien.

Le traitement

Le traitement de la ménopause est une spécialité en soi, c’est pourquoi il est important de consulter les professionnels ayant la formation nécessaire pour obtenir le meilleur suivi possible. Différente de la médecine traditionnelle, l’hormonothérapie ne traite pas une pathologie, mais plutôt les symptômes éprouvés par les femmes ménopausées afin d’améliorer leur qualité de vie.

Contre-indications

Il existe des contre-indications à l’usage des hormones. Celles-ci peuvent augmenter le risque de complications de certaines pathologies. Il est donc important d’en discuter avec un professionnel de la santé afin d’évaluer le traitement le mieux adapté à chacune. Voici les principales contre-indications du traitement :

  • Saignements vaginaux inexpliqués
  • Prise de contraceptif oral
  • Femme âgée de moins de 18 ans ou de plus de 60 ans
  • Cancer du sein actif ou soupçonné
  • Antécédent de thrombophlébite veineuse profonde
  • Antécédent d’accident vasculaire cérébral (AVC)
  • Prise d’aspirine ou de d’anticoagulant
  • Femme non-ménopausée connue pour de l’endométriose avec traitement actif
  • Hépatite aiguë

Il peut toutefois arriver que le professionnel de la santé puisse choisir de débuter le traitement malgré la présence de contre-indications, et ce, suite à une décision commune avec la patiente. Le rapport risques-bénéfices sera discuté avec le professionnel de la santé pour faire le meilleur choix possible dans l’intérêt de la patiente et sa qualité de vie.

Les hormones et leurs formes

Lorsqu’on parle d’hormonothérapie, on parle d’œstrogène et de progestérone. Celles-ci sont disponibles en plusieurs formes.

Les œstrogènes
Voie orale :
  • Estradiol (comprimé oral)
  • Œstrogènes conjuguées biologiques
Voie transdermique :
  • Estradiol en gel
  • Estradiol en timbre
Voie intravaginale :
  • Estradiol vaginal

 Les progestérones
Voie orale :
  • Progestérone, Médroxyprogestérone

Les produits combinés
Voie transdermique :
  • Estradiol et Noréthindrone
  • Estradiol et drospirénone
  • Œstrogènes conjuguées biologiques et bazédoxifène

Les avantages et les inconvénients de l’hormonothérapie

Avantages de la prise d’œstrogène :
  • Diminution des bouffées de chaleurs
  • Diminution de la sécheresse vaginale
  • Amélioration de l’atrophie des tissus du vagin
  • Diminution des infections urinaires/vaginales récurrentes
  • Prévention de l’ostéoporose et ralentissement de la progression de celle-ci
Inconvénients de la prise d’œstrogène :
  • Augmentation du risque de cancer du sein
  • Augmentation du risque d’AVC
  • Augmentation du risque de thrombophlébite profonde ou caillots
  • Augmentation du risque de troubles biliaires comme les calculs
  • Augmentation du risque de développer une incontinence urinaire ou d’en aggraver une déjà existante

Malgré l’augmentation de plusieurs risques de maladies, ceux-ci demeurent très peu fréquents chez les femmes en bonne santé.


 Avantages de la prise de la progestérone :
  • Diminution du risque de cancer de l’endomètre (Quasi nul lors de la prise combinée d’hormones)
  • Diminution des bouffées de chaleurs (moins efficace que l’œstrogène)
Inconvénients de la prise de la progestérone :
  • Augmentation des taux de « mauvais cholestérol » (LDL)
  • Augmentation du risque de thrombophlébite et d’embolie pulmonaire (Caillots dans les jambes et les poumons)

Les effets secondaires

Lorsque le dosage des hormones est inadéquat, on dénote parfois la présence d’effets secondaires tels que :

  • Nausées
  • Mastalgie (douleurs aux seins)
  • Céphalée (maux de tête)
  • Œdème (enflure r/a la rétention d’eau)
  • Irritabilité
  • Ballonnements
  • Diarrhée
  • Douleurs articulaires
  • Étourdissements
  • Fatigue

Références

Demers, S. (2011). L’hormonothérapie féminine : la voie de l’avenir!. Le Médecin du Québec, 46 (5), 75-78. https://lemedecinduquebec.org/Media/111937/075-078info-comprim%C3%A9e0511.pdf

Pinkerton, J. (2021, aout), Ménopause. Le manuel Merck. https://www.merckmanuals.com/fr-ca/accueil/probl%C3%A8mes-de-sant%C3%A9-de-la-femme/m%C3%A9nopause/m%C3%A9nopause

Vigilance Santé. (2023). RxVigilance (1.5.38) [logiciel]. https://rx.vigilance.ca/module/tableprix/tableprix-ndx.html?groupe=077&langue=fr

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